Lumière sur la saison 26/27

À l'heure où nous écrivons ces lignes, les théâtres lèvent le rideau sur leur programmation. Après les festivals d'été, le milieu du spectacle vivant reprend le chemin de la scène. Théâtre, danse, opéra... Voici une sélection non exhaustive des spectacles qui vont animer le début de cette nouvelle saison 2026/2027 dans l'Hexagone.

Thibault Loucheux-Legendre
Thibault Loucheux-Legendre  - Rédacteur en chef / Critique d'art
5 mn de lecture

Et si nous commencions cette saison sous le signe de l’originalité ? Le Théâtre du Rond-Point lance les hostilités avec Histoires de crevettes. C’est la compagnie néerlandaise Hotel Modern qui pousse les limites de l’inventivité en proposant une expérience hors norme entre cinéma en direct, théâtre d’objets et performance live. À l’Odéon Théâtre de l’Europe, Carolina Bianchi et sa compagnie Cara de Cavalo traversent les trois volets de la Trilogia Cadela Força (Trilogie des chiennes) durant une dizaine d’heures, explorant les liens entre l’histoire de l’art et la violence. Du côté du Théâtre Ouvert, Pierre Koestel présentera L’Art de la chute du 14 au 29 septembre. Ce spectacle au croisement entre le stand-up, l’autofiction et la performance rassemble sept auteurs qui viennent témoigner de l’expérience de leur vie : « Leurs textes abordent des sujets tels que l’expérience du deuil et le désir de faire monde autrement, la bipolarité, le travail du sexe, les parcours de transition, le racisme systémique ou encore le privilège blanc. » Au Théâtre de la Bastille, Aurélia Lüscher ressuscite Thérèse d’Avila, sainte patronne espagnole, première femme proclamée docteure de l’Église, avec Je meurs de ne pas mourir du 16 au 30 septembre. 

Le Théâtre les Amandiers à Nanterre débutera sa saison avec le spectacle L’Hors-présence ou chimère du pays de Morsan de Tiphaine Raffier. Cette pièce raconte l’histoire de Laure, femme condamnée qui rentre au village. Ses frères et sœurs la rejoignent et la maison devient un lieu d’échange entre la vie et la mort. À Saint-Denis, le Théâtre Gérard Philipe présentera du 30 septembre au 11 octobre Bientôt le jour, spectacle qui pose une question souvent abordée dans l’histoire du récit : Qu’est-ce qui pousse une personne à changer de vie du jour au lendemain ? 

Dans le nord-ouest, le Centre National Dramatique Normandie Rouen présentera À la barre, peine perdue ? Cette pièce est une reconstitution d’audiences de tribunal inspirées d’affaires réelles. Un spectacle écrit par Ronan Chéneau qui questionne l’état de notre système judiciaire, et le silence qui entoure les violences sexistes et sexuelles. Le Théâtre National de Bretagne débutera sa saison avec Ingmar Bergman et Scènes de la vie conjugale du 29 septembre au 9 octobre. La pièce raconte l’histoire de Marianne et Johan, duo qui a tout d’un couple modèle : 10 ans de mariage, 2 enfants, une belle maison. Mais cette façade idéale se fissure. 

Au TNP de Villeurbanne, on débute cette saison avec Mémoire de fille d’après le livre d’Annie Ernaux et mis en scène par Sarah Kohm. La pièce raconte l’histoire d’Annie, monitrice de 17 ans qui rêve de vivre sa première histoire d’amour. Elle fait la rencontre de H., avec qui elle va avoir son premier rapport sexuel, instant qui la surprend par sa violence inattendue. Elle va pourtant croire à une histoire d’amour avec cet amant fantasmé qui la délaisse. Au Théâtre Les Célestins de Lyon, ce sera la création True West de Sam Shepard et Benoît Martin qui sera à l’honneur du 22 septembre au 3 octobre. Ce huis clos suffocant raconte la confrontation entre deux frères, révélant également les contradictions de l’identité américaine. 

Sur la scène du Théâtre Garonne à Toulouse, des « Gaulois », mi-hommes mi-sangliers, prennent possession des lieux, apportant avec eux un morceau de leur forêt. Cette pièce, sobrement et efficacement intitulée Les Gaulois, est signée Olivier Martin-Salvan et Thomas Blanchard. Elle est à découvrir du 7 au 15 octobre. Toujours à Toulouse, le Théâtre de la Cité démarre avec Qui Som ? : « Premier volet d’un triptyque où la céramique est tout à la fois la matière et le geste d’une enquête sur nos mondes en train de se faire, un voyage parmi nos manières de croire et de faire ensemble. » 

Direction le sud-est et Nîmes, où la ville explore ses traditions avec le spectacle De Lumière. Un récit intime, nourri d’une immersion au cœur du monde taurin occitan. Le metteur en scène Jean-Baptiste Tur y examine, avec finesse, les paradoxes de la corrida. À Montpellier, la Cité Européenne du Théâtre Domaine d’O démarre sa saison avec Faust, fait non dit de Romeo Castellucci. L’homme de théâtre et plasticien italien propose une relecture radicale du mythe de Faust : « Avec cette création, il signe une proposition scénique d’une rare intensité plastique et émotionnelle, où le théâtre devient un lieu d’expérience autant que de pensée. »

Partager cet article
Avatar photo
Par Thibault Loucheux-Legendre Rédacteur en chef / Critique d'art
Suivre :
Après avoir étudié l'histoire et le cinéma, Thibault Loucheux-Legendre a travaillé au sein de différentes rédactions avant de lancer Snobinart et de se spécialiser dans la critique d'art contemporain. Il est également l'auteur de plusieurs romans. 06 71 06 16 43 / thibault.loucheux@snobinart.fr
Laisser un commentaire

Abonnez-vous au magazine