Culture Livres

Librairies… Fnac… Amazon… L’époque de la honte

La journée du jeudi 30 octobre a été marquée par un mot : « librairie ». Alors que le Président de la République a annoncé fermer les commerces non-essentiels (dont les librairies), de nombreux acteurs du livre ont crié au scandale en apprenant que la Fnac avait bel et bien le droit de rester ouverte… avant que la marque soit contrainte de fermer son rayon livre ! Encore une fois, il n’en reste qu’un qui en profite : Amazon…

Nous sommes le pays de Jean de la Fontaine, Molière, Voltaire, Victor Hugo, Emile Zola, Charles Baudelaire… et pourtant… notre pays considère le livre comme « non essentiel« . Un mépris qui restera certainement comme une honte dans l’histoire de France.

Jeudi dernier, le monde du livre s’insurgeait contre la fermeture des librairies. Un sentiment d’injustice régnait alors que la Fnac était autorisée à ouvrir grâce à son rayon informatique. Un choix lourd de sens qui montre que l’Etat considère qu’un ordinateur est bien plus important que des siècles de génie couché sur papier. La rentabilité est utile, alors que la « réflexion » et « l’imagination » ne sont plus à la mode… Des décisions révélatrices d’une époque qui place l’argent sur un piédestal au dépens de l’homme qui n’est utile qu’à travers la rentabilité : ne pense pas, ne parle pas et travaille !

Après plusieurs heures de lutte, on se dit que l’Etat s’est trompé, qu’il ne peut pas faire ça à notre pays… la France… pays de culture… de lecture… de littérature… Mais il faut croire nos dirigeants ont beaucoup plus d’imagination que nous ! Plutôt que d’ouvrir à nouveau les librairies, le gouvernement décide de fermer les rayons culture de la Fnac… Cette fermeture n’est pas anodine. Elle représente la période individualiste dans laquelle nous vivons. Plutôt que de donner, nous reprenons. Plutôt qu’augmenter le salaire des femmes, nous préférons baisser celui des hommes pour atteindre l’égalité… Ils peuvent toujours nous parler de progrès, l’évidence est que nous régressons.

Encore une fois, le grand gagnant de ce grand n’importe quoi porte un nom : Amazon. L’entreprise américaine qui fait travailler ses employés sous-payés dans des cages, qui les chronomètre quand ils vont aux toilettes… On favorise le géant américain face aux libraires passionnés. Les Misérables sont de retour…

A mépriser « le non-essentiel » Victor Hugo, on en vient à enrichir « l’indispensable » Jeff Bezos…

(De nombreux réseaux de libraires indépendants sont toujours actifs en livraison et en retrait).

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