Cinéma Culture

Les douleurs et gloires d’Almodovar


« On est jamais mieux servi que par soi-même. » Ce dicton convient parfaitement à Pedro Almodovar. Le réalisateur espagnol n’a même pas pris la peine de mourir avant que les cinémas nous offrent son biopic. Mieux, Pedro a voulu le réaliser lui-même. Il a eu raison.

Almodovar se livre sous les traits de l’un de ses acteurs fétiches, Antonio Banderas. La prestation du comédien (prix d’interprétation à Cannes) est bluffante. Il incarne un Almodovar (qui s’intitule Salvador Mallo dans le film) dans une crise existentielle à l’âge où l’on fait le point sur sa vie. Son enfance, sa mère, ses (son ?) amours… Une suite de rencontres, de retrouvailles, de souvenirs, de bonheurs et de souffrances qui existent par ses choix qu’il ne se permet pas de juger, mais qu’il peine à assumer. Son corps au delà d’être la victime du passé, devient le prétexte de sa passivité. On voit même le réalisateur essayer l’héroïne à soixante ans passé… Incapable de faire des choix, Salvador Mallo se laisse porter, avant de se rendre compte que, lorsqu’on vit de sa passion, le travail c’est la santé.

Le dernier plan est lourd de sens. La vie d’Almodovar n’existe-t-elle qu’à travers le cinéma? Son existence n’a-t-elle été qu’une succession de scènes ? Ce qui est certain, c’est qu’il n’existait pas meilleur moyen qu’un film pour la raconter.

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