« Edgar », vampire sentimental

David Willer signe son premier film d'animation avec "Edgar", histoire d'un jeune vampire qui se nourrit d'amour. Un film tendre et touchant inspiré par l'univers cinématographique du maître Tim Burton et avec les participations de Bruno Solo ou encore de Sheryfa Luna.

Thibault Loucheux-Legendre
Thibault Loucheux-Legendre  - Rédacteur en chef / Critique d'art
4 mn de lecture

Synopsis :

Dans le petit village d’Heartwood vit Edgar, un jeune vampire qui contrairement à ses illustres ancêtres se nourrit exclusivement d’amour. Dans un monde de plus en plus superficiel, Edgar devra tant bien que mal trouver un amour pur et sincère pour espérer survivre avant qu’il ne soit trop tard.

Critique :

David Willer arrive dans le milieu de l’animation avec la volonté de prendre une place… Et pas n’importe laquelle ! Celle d’un jeune cinéaste qui touche en plein cœur le spectateur en revenant à une histoire simple, tendre et mélancolique !

Le réalisateur connaît la formule d’un film réussi. Après avoir travaillé plusieurs années sur ce court-métrage, David Willer sait que la patience est la clé. D’un point de vue esthétique, le film est assez bluffant. Le spectateur découvre le travail immense qui a été effectué. La construction du film nous ramène aux origines du cinéma. Il y a de la sincérité dans les décors qui sont superbes, dans ces personnages qui sont attachants (ce qui n’est pas toujours une évidence pour les courts-métrages). C’est un cinéma qui ne se cache pas, qui montre le « faux » pour parler « vrai ». Ce côté artisanal de la stop motion, souvent perdu dans les films contemporains qui préfèrent une réalité exacerbée, a tendance à être à l’image de l’histoire d’Edgar. En regardant le film, le spectateur retombe immédiatement en enfance. En effet l’histoire est simple et aborde des sujets universels comme l’amour, la mort… C’est une manière d’aller à contre-courant de ce qui se pratique aujourd’hui. Ne vous méprenez pas, loin de nous l’idée de critiquer les productions actuelles qui utilisent des pratiques comme la 3D… Mais nous ne pouvons que nous réjouir de voir que la différence des formes a encore un sens pour les jeunes cinéastes.

Si le film est jouissif par sa sincérité et la simplicité du propos, on peut tout de même signaler un point noir : la trop grande influence de Tim Burton qui transpire dans l’ambiance générale. Il est possible de voir cette remarque avec optimisme tant le réalisateur américain est un maître absolu du genre. Mais son spectre omniprésent dessert le film et tend à effacer légèrement la personnalité de David Willer dans le film. Si les influences sont capitales dans la carrière d’un cinéaste, le dosage n’est parfois pas évident à trouver. Par ailleurs, David Willer parvient à affirmer une identité en insistant plus sur la tendresse et la douceur, là où Burton va miser sur l’excentricité et la folie.


Vous l’aurez compris, David Willer est un cinéaste à suivre… Déjà en préparation de son prochain film Une rencontre inattendue, le réalisateur a réuni un casting cinq étoiles avec notamment les voix de Samantha Bond, Kevin McNally, Richard Darbois, Bruno Solo, Céline Girardon ou encore Bruno Choel… et un synopsis qui donne l’eau à la bouche : David, 6 ans est un jeune artiste plein d’imagination rêvant de faire des films comme son idole. Cloitré dans sa chambre à imaginer de nouvelles histoires plus macabres les unes que les autres, sa mère décide de le traîner de force au musée où il fera une rencontre inattendue.

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Par Thibault Loucheux-Legendre Rédacteur en chef / Critique d'art
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Après avoir étudié l'histoire et le cinéma, Thibault Loucheux-Legendre a travaillé au sein de différentes rédactions avant de lancer Snobinart et de se spécialiser dans la critique d'art contemporain. Il est également l'auteur de plusieurs romans. 06 71 06 16 43 / thibault.loucheux@snobinart.fr
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