On le sait, Johan Creten aime aller à contre-courant. Il aime jouer avec le feu ! Etudiant aux Beaux-Arts, il choisit la céramique, pratique historique qui ne trouve pas plus grâce que la peinture aux yeux du monde de l’art à l’époque… Comme il nous le disait dans un entretien qui lui était consacré dans le numéro 18 de Snobinart : « Ce que j’aime c’est l’idée que je joue avec le feu ! » Une nouvelle fois, l’artiste nous prend à contre- pied avec Les Chiens de Pavlov ! On était plutôt habitué aux sculptures en céramique ou en bronze en allant voir une exposition de Johan Creten… Si ces œuvres emblématiques de son travail sont aussi présentes dans l’exposition, l’étonnement est ailleurs : une installation réalisée avec d’anciens ordinateurs. Le point de départ de cette pièce insolite se trouve dans le passé de l’artiste. Son père, fasciné par les technologies émergentes des années 1980, a constitué une collection de PC durant plus de quarante ans.
Héritier des machines il y a trois ans, Johan Creten a décidé de les amasser pour réaliser une installation, comme un grand mur conçu avec ces objets technologiques qui évoquent un passé à la fois proche et lointain. Une pièce qui questionne l’intimité, le deuil, le souvenir et l’obsession.
La galerie nous dit que l’exposition est construite comme « un voyage immersif à travers l’archéologie technologique, l’allégorie politique et l’imagination mythologique ». Nous apprenons que le moment où le père a commencé sa collection d’ordinateurs coïncide avec la construction du vocabulaire artistique du fils. En complément de cette incroyable installation, les céramiques, bronzes et dessins créent un dialogue universel entre passé et présent, pour mieux interroger l’avenir ?


