« Oscar », l’ode à la différence de Sébastien Miro

Après trois années d'attente et quatre reports, le jeune Oscar a enfin pu rencontrer à nouveau son public hier, au théâtre Jacques Cœur de Lattes. Une fable macabrement poétique qui fait l'éloge de la différence.

Peter Avondo
Peter Avondo  - Critique Spectacle vivant / Journaliste culture
2 mn de lecture

Ce n’était pas la première fois que l’étrange personnage de Sébastien Miro foulait les planches d’un théâtre, mais le temps était long depuis la dernière représentation, en raison de plusieurs reports. Dans le cadre de son événement Les Rigolattes, le Théâtre Jacques Cœur a donc finalement accueilli Oscar, garçon né squelette, venu raconter son existence et ses doutes à un public attentif.

Faire de sa différence un atout, telle pourrait être la morale de cette fable moderne qui oscille entre poésie, nostalgie et humour grinçant. Avec une nonchalance innocente, Oscar se narre, se marre parfois, au gré des épreuves traversées de sa naissance à sa mort. Et si la métaphore d’une société trop normée est évidente, la forme qu’elle prend surprend, questionne, étonne aussi.

Après tout, quelle place pour un enfant composé uniquement d’os qui, en grandissant, n’en reste pas moins homme parmi les hommes ? Comment s’imposer dans un monde qui ne nous ressemble pas quand on n’a pas d’autre choix que d’y survivre ? Oscar a la réponse : par l’humour et le spectacle, en assumant qui l’on est, on peut tout. C’est en tout cas ce qu’il a retenu de ses rencontres, de ses modèles, de ses échecs.

Mais même avec toute la bonne volonté du monde, on n’est jamais aussi bien que parmi ses semblables. Alors Oscar, après tous ses efforts, en vient à la conclusion que ce n’est plus à lui de s’adapter aux autres, que les codes ont changé parce que le monde l’a changé, lui.


La pièce, adaptée du roman éponyme de Sébastien Miro paru chez Skelet Éditions, devient une ode à la différence et à son acceptation, sur fond de représentation sociale et théâtrale qui, malgré ses allures parfois enfantines, s’adresse à tous, sans jugement ni amertume.

DE ET AVEC
SEBASTIEN MIRO
DIRECTION D’ACTEUR ET ASSISTANAT MISE EN SCENE
MORGANE LAMBERT
CREATRICE VISUELLE
CRISTIANA DANEO
CREATIONS LUMIERE ET UNIVERS SONORE
FLORIAN PAPET
MAQUILLAGE
LAURENCE ELLIOTT

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Par Peter Avondo Critique Spectacle vivant / Journaliste culture
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Issu du théâtre et du spectacle vivant, Peter Avondo collabore à la création du magazine Snobinart et se spécialise dans la critique de spectacle vivant. Il intègre en mars 2023 le Syndicat Professionnel de la Critique Théâtre Musique Danse. 06 22 65 94 17 / peter.avondo@snobinart.fr
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