« Métropole », la transe humaniste de Volmir Cordeiro

En partenariat avec le Centre Chorégraphique National de Montpellier, le théâtre La Vignette accueille le chorégraphe et danseur brésilien Volmir Cordeiro, qui présente Métropole jusqu'au 16 décembre.

Peter Avondo
Peter Avondo  - Critique Spectacle vivant / Journaliste culture
3 mn de lecture

Bienvenue dans la Métropole de Volmir Cordeiro, métaphore à peine figurative de n’importe quelle grande ville du XXIe siècle. Dès la première seconde, l’ambiance est posée. À peine les lumières de la salle éteintes, les percussions de Philippe Foch emplissent les oreilles du spectateur et le contraignent à l’attention. Confiné dans un espace minuscule, le musicien instaure une ambiance lourde qui résonne dans le corps, un bruit incessant qui nous rappelle aussi bien les sons de la circulation que le brouhaha impalpable qui nous encercle et nous enserre dans les centres urbains.

Le décor est posé. Dans toute cette agitation que l’on imagine, un personnage étrange apparait dans la pénombre. Comme tout bon résident d’une métropole, on n’y prête d’abord pas attention, malgré son accoutrement sorti d’un univers inconnu. Encapuchonné et capé de noir, un masque rose et poilu sur le visage, le danseur passe une première fois, puis une deuxième, puis encore, adaptant son pas, modifiant sa démarche. Pour signifier sa présence, son existence peut-être, ou tout simplement pour se démarquer d’une société qui ne lui correspond pas, s’affranchir des lignes déjà tracées.

S’affranchir, retrouver un semblant de liberté dans un monde qui s’affaire à nous ranger bien proprement dans des cases identifiées et identifiables. C’est là tout le sujet de la pièce de Cordeiro. Et peu à peu, il y parvient. Il suffit pour cela d’un geste, d’un mot, d’une tentative, frileuse d’abord puis de plus en plus assumée. Parfois la violence est nécessaire face à la violence, l’absurdité contre l’absurdité, parce qu’il faut combattre l’ennemi avec ses propres armes.

Mais cet ennemi, quel est-il ? Un système obscur et invisible à qui l’on prête les pires intentions, une partie de nos semblables gonflés de haine et avides de destruction, une technologie envahissante qui efface doucement les liens entre êtres humains ? Qu’importe, il faut lutter, se réinventer, se démarquer et se libérer de ces carcans pour redevenir enfin soi-même, sans artifice, sans masque et sans filtre.

Difficile de dire si Métropole est une pièce sociale, politique ou sociétale. Elle est même sans doute tout cela à la fois. Et bien que certains mouvements du danseur prêtent parfois à rire, la création de Volmir Cordeiro est un miroir implacable de notre monde moderne, qui trouve d’ailleurs un écho tout particulier en période de pandémie.

Métropole de Volmir Cordeiro est accueilli au Théâtre de La Vignette, en partenariat avec le CCN Montpellier Occitanie, jusqu’au jeudi 16 décembre.

CONCEPTION, CHOREGRAPHIE ET INTERPRETATION
VOLMIR CORDEIRO
PERCUSSION
PHILIPPE FOCH
CREATION SON
ARNAUD DE LA CELLE
CREATION LUMIERE
ABIGAIL FOWLER
CONCEPTION ET REALISATION COSTUME
VOLIMR CORDEIRO, CLEMENT PICO, DAT VU
REALISATION COSTUME
COCO BLANVILLAIN

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Par Peter Avondo Critique Spectacle vivant / Journaliste culture
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Issu du théâtre et du spectacle vivant, Peter Avondo collabore à la création du magazine Snobinart et se spécialise dans la critique de spectacle vivant. Il intègre en mars 2023 le Syndicat Professionnel de la Critique Théâtre Musique Danse. 06 22 65 94 17 / peter.avondo@snobinart.fr
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