Il y a 120 ans disparaissait Oscar Wilde…

Dandy sublime… écrivain de génie… légende mondiale de la littérature… admirateur sans limite de la beauté… Oscar Wilde est mort dans la pauvreté et la souffrance à Paris il y a 120 ans. Comment ce génie est-il passé de l’homme d’esprit adulé à Londres à l’homme détruit errant dans les rues de Saint-Germain-des-Prés ?

En 1891, Oscar Wilde vient de publier Le Portrait de Dorian Grey. C’est aussi à ce moment là qu’il rencontre un jeune homme dont il va tomber éperdument amoureux :  Lord Alfred Douglas de Queensberry que l’on appelle Bosie. Wilde a le pouvoir et son amant la jeunesse. Ils se sentent plus puissants que la loi britannique qui interdit fermement l’homosexualité en s’affichant en public. Le père de Lord Alfred Douglas, le marquis de Queensberry, apprécie guère cette relation et envoie à Oscar Wilde une carte de visite sur laquelle il est écrit : ” Pour Oscar Wilde, s’affichant comme Sodomite”. C’est le début de la déchéance pour Wilde qui attaque en justice le marquis de Queensberry. Mais ce procès, qui restera comme l’un des plus connus de l’histoire, se retourne contre l’écrivain qui est condamné pour homosexualité le 25 mai 1895 à deux ans de travaux forcés.

A la fin de sa peine, il retrouve Bosie. Sa femme apprenant ces retrouvailles lui coupe les vivres. Wilde est contraint de quitter l’Angleterre pour la Normandie, puis Paris. Il s’installe à Saint-Germain-des-Prés, au 13 rue des Beaux Arts dans un hôtel miteux de 6 étages comprenant une vingtaine de chambres. Il n’écrit plus, vit dans un lieu sale, défraichit et se réconforte dans la drogue et l’alcool. Malade d’une méningite, il subit une opération de l’oreille en octobre 1900 avant de décéder quelques jours plus tard, le 30 novembre à 13h50. Il avait 46 ans lorsqu’il succombe à ses souffrances dans la chambre 16.

Avant de livrer son dernier souffle, l’écrivain offre un dernier mot d’esprit dont il avait le secret : “Mon papier peint et moi nous livrons un duel à mort. L’un ou l’autre de nous va devoir s’en aller.”

Il est inhumé dans le cimetière de Bagneux, avant que ses restes soient transférés au cimetière du Père-Lachaise neuf ans plus tard. Son tombeau est surmonté d’un monument représentant un sphinx avec le visage de Wilde sculpté par l’artiste expressionniste Sir Jacob Epstein.

(Photo : Oscar Wilde à New York, 1882, par Napoleon Sarony)

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