MoCo : Après les festivités, que vaut l’exposition « Distance intime » ?

Thibault Loucheux-Legendre
Thibault Loucheux-Legendre  - Rédacteur en chef / Critique d'art
2 mn de lecture

A force de parler des festivités de l’ouverture du MO.CO Hotel des collections, on aurait presque oublié d’aborder l’exposition « Distance intime ». Pourtant, la collection Ishikawa réserve quelques bijoux, et a déjà attiré 10 000 visiteurs les deux premiers jours.

L’idée de Nicolas Bourriaud était qu’une collection a forcément une ligne directrice. Un collectionneur va acheter des œuvres qui, volontairement où inconsciemment, vont se compléter entre elles jusqu’à donner une collection cohérente.

L’entrepreneur japonais Yasuharu Ishikawa a acquis sa première oeuvre en 2011 (de l’artiste On Kamara), et depuis, il ne s’est pas arrêté. Très éclectique dans les supports (installations, sculptures, peintures, photographies, photographies, vidéos…), les œuvres sont froides, distantes, basées sur la réflexion plutôt que de privilégier le spectaculaire. Ce minimalisme révèle des questionnements puissants sur l’enfermement, le mystère, ainsi que notre relation aux autres.

Parmi les artistes exposés, certains ont particulièrement attiré notre attention. C’est la cas de Ryan Gander, mis en avant à travers deux œuvres magistrales. Le première, Ftt, Ft, Ftt, Ftt, Ffttt, Ftt, qui est présentée à travers un espace criblé de flèches, représente les joutes verbales de deux individus en plein débat. L’autre, Tell my mother not to worry, est un bloc de marbre dont il a excavé les volutes d’un drapé aérien. Une forme est enfouie sous le drap, comme un enfant caché dans une cabane imaginaire…


Nous pouvons parler également de la belle métaphore de Felix Gonzalez-Torres, Untitled, composée de deux ampoules représentant deux êtres qui attendent que le premier s’éteigne. La salle consacrée aux deux œuvres de Pierre Huyghe est aussi totalement envoûtante, mettant en scène deux animaux humanisés à travers un masque.

La prochaine exposition sera consacrée à la collection de l’historien de l’art russe Andrei Erofeev et comportera des œuvres des avants-gardes soviétiques des années 1980 à 2000.

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Par Thibault Loucheux-Legendre Rédacteur en chef / Critique d'art
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Après avoir étudié l'histoire et le cinéma, Thibault Loucheux-Legendre a travaillé au sein de différentes rédactions avant de lancer Snobinart et de se spécialiser dans la critique d'art contemporain. Il est également l'auteur de plusieurs romans. 06 71 06 16 43 / thibault.loucheux@snobinart.fr
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