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Entretien avec Miximetry : « que les gens aient envie de voyager, de danser, de s’évader dans notre musique »

© Peter Avondo - Snobinart
Jairo, Julien, Paul et Vincent ont commencé à jouer ensemble au lycée. Depuis est né Miximetry, un groupe de musique qui fait un rock français pensé comme du rock anglais. Ils ont sorti leur nouvel album Mixi mais trop le 14 janvier dernier avec lequel ils affirment leur identité musicale tout en partageant un voyage introspectif.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Julien : On va nourrir le cliché du groupe qui s’est rencontré au lycée (rire). Dans le lycée Charles Gide d’Uzès il y avait une salle de musique qu’on pouvait occuper après le repas à la cantine pour tous ceux qui voulaient faire de la musique.

Jairo : Grâce à cela on a été choisi pour faire partie de la MDL (Maison Des Lycéens). Comme on utilisait la salle de musique depuis déjà un bon moment ils nous ont proposé de prendre les rênes de l’association pour son commencement au lycée. La CPE nous a incité à occuper les postes clefs de l’association. Après on a pu organiser nos premiers concerts au lycée.

Vous avez intitulé votre groupe « Miximetry », pourquoi ce nom ?

Paul : Avant on s’appelait « Spring Break », c’était le fantasme américain du spring break, et on trouvait ça cool finalement. Puis on a regardé sur Internet et il y avait plein de groupes qui s’appelaient comme ça… Rapidement on a voulu trouver un nom un peu moins commun et qui nous ressemble plus. Un nom qui représenterait notre groupe et qui serait unique.

Julien : Après c’est un nom qui ne veut rien dire. Mais on a pensé que « Mixi » faisait référence à tous nos univers musicaux, et « metry » pour la symétrie, comme le fait de nous regrouper et de rassembler ces univers. 

© Peter Avondo – Snobinart

Vous parlez du « mixer » de vos univers musicaux, cet assemblage de styles a défini votre propre univers. Comment vous le définiriez ?

Julien : Quand on nous demande on va tout de suite mettre l’étiquette rock en français, ou pop rock en français… C’est vrai que le côté français reste parce que les paroles sont en français et on y tient. Mais en soi, il n’y a pas de genre précis. Si on a envie de mettre plus d’électro on met de l’électro, si on a plus envie de funk on met de la funk, si on veut rapper on fera un rap… On veut pas mettre d’étiquette précise. Mais pour quelqu’un qui ne connaît pas notre musique on peut dire qu’on fait du pop rock français.

Paul : On aime bien piocher à droite à gauche ce qu’on aime faire et écouter aussi. On essaie de laisser une liberté dans la composition et ajouter des ingrédients dans notre musique. On peut dire qu’on fait du rock pensé comme du rock anglais mais avec des paroles en français. La voix est plus un instrument qu’une mise en avant du texte. On n’est pas dans l’objectif français de faire des chansons à textes, mais utiliser la voix française comme un instrument à la manière du rock anglais. 

Jairo: Je pense qu’on a tous un peu notre propre définition de notre univers. Personnellement je veux que les gens aient envie de voyager, de danser, de s’évader dans notre musique. Mais Paul a raison, on compose toujours la musique avant d’écrire les paroles. C’est vraiment la musique qui amène les paroles. On compose et après Paul est inspiré par le morceau et écrit les paroles. C’est la musique qui guide notre créativité.

Depuis vos débuts vous avez enregistré des EP, des albums…

Julien : Depuis le début on travaille avec Damien Allard qui est basé sur Toulouse. Lui aussi commençait dans ce milieu de l’enregistrement. On grandit en même temps, dans chaque nouvelle sortie il y a une touche différente. Il nous accompagne dans l’arrangement des morceaux. On lui envoie nos maquettes bruts et il va retravailler certaines parties, nous apporter son regard… Ca fait depuis 2014 et notre EP Trop gras, trop sucré, trop salé. Après il y a eu Madame, que nous avons pu financer grâce à la bourse des jeunes talents de Nîmes en 2015. Après il y a eu notre premier album Réalité Diminuée. Puis le prochain Mixi mais trop qui est sorti le 14 janvier. On travaille dessus depuis 2019. Il y a eu le Covid et on ne se voyait pas trop, on essayait de travailler chacun de notre côté. L’enregistrement a tardé aussi… Donc ça fait bien trois ans qu’on travaille dessus.

Jairo : Oui mais au final c’est un temps qui a été bénéfique. Ça nous a permis de travailler l’album plus en profondeur. Si on n’avait pas eu ce temps-là, il y aurait certainement eu des éléments qu’on aurait moins réfléchis.

Paul : Les thèmes des textes de Mixi mais trop sont plus introspectifs et plus tournés vers l’être humain en tant que tel et moins… Sur l’album d’avant on été plus tourné vers l’extérieur, vers le monde, sur des ressentis sur ce qu’il se passait autour. Dans le dernier on est plus proche de nous. Il y a une prise de conscience du groupe. On se retrouve tous dedans.

Vous avez des moyens de défendre ce nouvel album malgré le contexte sanitaire compliqué ?

Julien : Ce sera surtout sur Internet. Le premier clip de l’album Mixi mais trop est sorti le 10 janvier. C’est un morceau qui parle de la vie du groupe, de quelqu’un qui rêve… Paul saura certainement mieux l’expliquer que moi…

Paul : Oui c’est un peu un égotrip sur le groupe. C’était une manière de caricaturer notre nom. Les gens avaient du mal à retenir le nom du groupe et on voyait des personnes avoir des manières de le prononcer assez amusantes. Du coup on s’est dit qu’on allait nous aussi trouver d’autres orthographes et d’autres manières de dire le nom du groupe. Dans Mixi mais trop il y a aussi ce côté où on commence à se trouver, ça fait un petit moment qu’on joue ensemble et on commence trouver une synergie, à se connaître musicalement. On se comprend, on se cerne de plus en plus. On a plus d’automatismes, on trouve quelque chose de plus pertinent. 

Avec la sortie de Mixi mais trop vous avez de nouveaux objectifs ?

Jairo : Notre objectif ce serait vraiment de devenir pro, jouer un max de concerts, de vivre de nos albums… On bosse tous à côté, certains sont animateurs, d’autres dans les primeurs… On a encore des boulots alimentaires qui nous plaisent, mais notre principale passion c’est la musique. On ne se voit pas devenir musicien dans des groupes de bals, ou dans les orchestres qui jouent dans les fêtes de villages par exemple. C’est pas ce qui nous intéresse. Nous ce qu’on veut, c’est être dans la création. Sans rêver faire des tournées mondiales, il y a des petits groupes en France qui arrivent à tourner et qui se débrouillent.

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