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Ana Morales lance le Festival Flamenco de Nîmes

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© Alain Scherer
Pendant près de deux semaines, le Théâtre de Nîmes et toute la ville se mettent à l’heure espagnole à l’occasion du retour du Festival Flamenco. Rendez-vous de grande ampleur qui est rapidement devenu incontournable, ce temps fort a officiellement commencé hier avec le spectacle Peculiar de la danseuse Ana Morales.

En amont du coup d’envoi officiel, l’équipe du théâtre a tenu à rendre hommage au photographe René Robert, un ami proche et sincère du festival. Avec une sélection de clichés parmi ses innombrables photos, l’exposition qui lui est dédiée dans le hall et les coursives de l’établissement mettent en avant un talent évident pour saisir l’instant. La puissance des interprètes du flamenco rencontre alors l’œil de cet artiste de l’image, sur des impressions en noir et blanc qui sont à découvrir pendant toute la durée du festival.

Puis nous prenons place dans la salle Bernadette Lafont. Et parce qu’il serait inutile et incorrect de prétendre le contraire, c’est en néophytes assumés que nous nous apprêtons à découvrir le travail d’Ana Morales autour du flamenco. Nous n’en connaissons ni les codes, ni les courants, mais la pièce Peculiar est aussi et surtout l’aboutissement d’un travail artistique global. C’est d’ailleurs de cette manière que nous l’abordons.

Oui, la forme proposée par Ana Morales s’inspire évidemment de ses racines, de son art ancestral et de ses gestes si caractéristiques. On retrouve dans sa danse toute la puissance et la profondeur d’une expression viscérale, accompagnée par les chants, les musiques et les percussions du corps qui rythment le spectacle. Mais ce qui attire particulièrement notre regard, c’est tout le travail au-delà du flamenco.

Dans la mise en scène, d’abord, la chorégraphe imagine des relations fortes entre ses interprètes. De l’individu à la communauté en passant par le couple, elle crée des tableaux d’une belle efficacité autour des rapports, des relations, des introspections, qu’elle met joliment en lumière.


Une lumière par ailleurs travaillée avec une grande précision. Si nous ne devions retenir de Peculiar qu’un élément, ce serait sans doute cette création lumineuse et scénique de Gabriel Paré, qui signe là une réalisation de la perspective, de l’ombre et du mouvement qui attire inévitablement notre regard. Et sous le vert omniprésent qui vient à contre-courant de la chaleur ibérique, c’est toute l’essence du flamenco dansé, chanté, joué, qui s’impose à nous.

Si cette création d’Ana Morales marque le coup d’envoi public de près de deux semaines de rencontres, le Festival Flamenco, lui, se poursuit jusqu’au 21 janvier. Toute la programmation des spectacles, concerts et autres rendez-vous est à découvrir sur le site du Théâtre de Nîmes, mais méfiez-vous… la billetterie s’envole à vue d’œil !


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