Pascal Légitimus : “Le théâtre c’est de la chair”

Pascal Légitimus était à Montpellier il y a quelques jours à l’occasion d’une master class organisée par l’incubateur TRAC. Nous avons interrogé le comédien par la suite sur son passage dans l’Hérault, sur son amour du jeu ainsi que sur la période triste que nous vivons…

Vous étiez à Montpellier il y a quelques jours, quel était l’objectif de votre présence ?

J’étais à Montpellier pour animer une master class. Il y avait à la fois des élèves internes et externes à l’école TRAC. Le premier jour j’ai expliqué mon parcours, puis j’ai répondu aux questions des jeunes. Le deuxième jour nous avons parlé du stand-up, des bonnes méthodes à avoir pour faire un bon sketch. Ça m’a permis de leur donner des clefs, de transmettre un métier, des valeurs et des conseils.

Vous vous étiez déjà prêté à cet exercice avant de le faire à Montpellier ?

Oui ! ça fait vingt ans que je fais ça environ trois/quatre fois par an. Ça peut être des cours dans les entreprises ou de la transmission avec les jeunes. C’est très important pour moi. Le théâtre c’est de la chair, c’est toujours positif d’être dans le partage et la transmission, surtout avec les jeunes. La clef c’est d’être passionné et de travailler.

Vous dites que “le théâtre c’est de la chair”, comment vivez-vous cette période compliquée pour la culture ?

Comme vous… On nous prive ! On nous impose ! Tout ça sous prétexte de nous protéger… Ce qui me désole c’est qu’on prend une amende de 135 euros si on ne porte pas le masque, mais rien si on s’insulte. Ces derniers temps, il y a des choses qui ne sont pas normales… Et on ne peut rien dire…

On ne peut plus rien dire ? Vous qui avez connu les années 1990, vous trouvez que la manière de s’exprimer a changé ?

On ne peut plus rien dire. Et en plus de ne plus pouvoir rien dire, on n’a plus le droit de rien faire… Vous savez, que ce soit dans les années 1990 ou maintenant, il y a toujours eu des mécontents, mais c’est le support de leur mécontentement qui a changé. Avant les gens envoyaient des lettres. Pour les chaines c’était pratique, il suffisait de les laisser dans leurs enveloppes et tout allait bien. Maintenant chaque téléspectateur dispose d’Internet et d’un clavier à portée de main. En quelques secondes, chacun donne son avis et les décideurs ont peur de ça. Il suffit de voir l’affaire avec Richard Berry, il est déjà condamné alors qu’il n’y a aucune preuve…

Vous parvenez encore à vous exprimer sur différents supports, notamment un livre qui s’intitule L’Alphabêtisier (publié aux éditions Michel Lafon), vous pouvez nous en parler ?

L’idée est venue du journaliste Gilbert Jouin qui a le point commun avec moi d’adorer jouer avec les mots. Ensemble nous prenions des mots pour y ajouter une lettre ou, au contraire, en enlever une, et ça donne des néologismes, des fausses épitaphes, des maximes… le tout détourné. C’était une manière de s’amuser avec la langue française. Le livre est sorti fin 2019, et il continue à bien marcher.

La crise sanitaire a considérablement transformé le travail des artistes, les tournages ont-ils été impactés par les restrictions sanitaires ? Vous avez des projets de films ?

Pour le cinéma oui, parce que les films ne sortent pas dans les salles… Mais la télé pas tant que ça, je dirai au contraire que ça marche assez fort. J’ai un tournage bientôt mais je ne peux pas encore vous en parler. Sinon vous pourrez me voir prochainement dans Capitaine Marleau sur France 3.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *