Le MIAM questionne le numérique dans l’art

Le MIAM revient avec une nouvelle exposition jusqu'au 12 novembre. Fait Machine est consacrée aux formes du digital et à la transformation du code en matière. Comment les artistes se saisissent des outils numériques pour créer des œuvres ?

Thibault Loucheux-Legendre
Thibault Loucheux-Legendre  - Rédacteur en chef / Critique d'art
3 mn de lecture

Plus de vingt ans après son exposition Fait Maison, le MIAM présente Fait Machine ! Là où la première explorait les créations d’une quarantaine d’artistes qui intégraient des objets domestiques ou ménagers dans un environnement familier, cette nouvelle exposition fait un focus sur les œuvres qui ont vu le jour grâce au digital. Devenu indispensable dans notre vie quotidienne, il paraissait évident que des artistes s’emparent de ces outils numériques comme moyen de production et de création. En deux décennies, un tournant numérique et technologique s’est accéléré avec l’invention d’outils et de processus de fabrication qui se sont ouvert au plus grand nombre. Le MIAM nous explique que « l’essor du prototypage numérique, la réduction du coût des machines (imprimantes 3D, découpeuses laser, fraiseuses numériques…) et leur mutualisation, ainsi que la mise en commun des savoir-faire, ont de surcroît permit un développement sans précédent des nouvelles formes. » Si certains artistes les utilisent uniquement pour la forme, certains les convoquent en engageant une réflexion autour de ces formes du digital. 

Comment le code se transforme en matière ? C’est cette question que le MIAM a souhaité poser, poursuivant la réflexion menée par les artistes Miguel Chevalier et Michel Paysant qui développent un travail autour de l’art, des technologies, et des sciences.

Divisée en deux volets, l’exposition Fait Machine propose d’abord au spectateur de découvrir « le laboratoire », dévolu à la recherche, , aux expérimentations et aux processus de fabrication. Cette partie explore également la relation entre l’artiste et la nature, avec les travaux de Jonathan Keep, Pit Molling, Ludovic Mallegol ou encore Miguel Chevalier. Le deuxième volet, intitulé « le fil du code » est à découvrir sur la mezzanine : « de la carte perforée à l’origine de la mise en forme de lignes de code en matière – utilisée en particulier dans les métiers à tisser à partir du XVIIIe siècle – , aux circuits imprimés et aux filaments des impressions 3D ». On y découvre notamment les œuvres de Jeanne Vicerial, Faid Ahmed, Matthew Plummer Fernandez, Laureline Galliot, Antoine Schmitt ou encore des duos Philippe Schaerer / Reto Steiner et Varvara & Mar.

Fait Machine est une exposition passionnante qui interroge des moyens de production récents, mais aussi l’univers des créateurs qui les embrassent. Cela fait prendre conscience que ces outils, couplés à l’imagination des artistes, offrent un champ quasi infini de créations. 


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Par Thibault Loucheux-Legendre Rédacteur en chef / Critique d'art
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Après avoir étudié l'histoire et le cinéma, Thibault Loucheux-Legendre a travaillé au sein de différentes rédactions avant de lancer Snobinart et de se spécialiser dans la critique d'art contemporain. Il est également l'auteur de plusieurs romans. 06 71 06 16 43 / thibault.loucheux@snobinart.fr
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