La galerie Les Filles du Calvaire fête ses 30 ans

Décidément, cette année 2026 est synonyme d'anniversaires ! La Galerie Les Filles du Calvaire ne manque pas la fête en célébrant ses trente années d'existence. Retour sur l'histoire d'une galerie devenue incontournable dans la capitale.

Thibault Loucheux-Legendre
Thibault Loucheux-Legendre  - Rédacteur en chef / Critique d'art
5 mn de lecture

La Galerie les Filles du Calvaire est née d’un hasard. Au milieu des années 1990, Stéphane Magnan travaille dans la métallurgie et cherche un espace pour habiter à Paris. Il tombe amoureux d’un lieu situé rue des Filles du Calvaire dans le 3e arrondissement de la capitale : « La galerie est une conséquence du bâtiment. C’était un bâtiment que j’avais repéré à un moment où je voulais habiter Paris. Le propriétaire n’a pas voulu me le vendre car il trouvait que mon offre était dérisoire, donc je suis allé habiter ailleurs. Un an plus tard, il m’a rappelé pour savoir si je voulais toujours ce bâtiment car il était dans une situation financière compliquée et il a accepté mon offre. J’avais beaucoup d’amis artistes et en parlant avec eux, on a décidé d’en faire une galerie. »

S’ensuit une première exposition dans l’espace brut, qui est synonyme de succès. Après avoir transformé l’essai, Stéphane Magnan décide de faire des travaux pour sa galerie qui ouvre en 1996.

Marie Magnier rejoint l’aventure en 2000 et accompagne les nombreux projets de la galerie, notamment les ouvertures de nouveaux espaces : « Quand je suis arrivée, pas longtemps après, nous avons ouvert un espace à Bruxelles, que nous avons conservé une dizaine d’années. J’ai accompagné beaucoup de choses, dont l’ouverture du deuxième espace rue Chapon. Après le confinement, on s’est posé la question de l’évolution de la galerie dans un contexte qui avait changé. En ayant un seul espace, nous étions limités pour montrer les artistes de la galerie. » Des projets qui sont ponctués par l’arrivée de nouveaux artistes, les expositions en galerie, mais aussi des participations aux foires comme Art Paris, Paris Photo, Art Bruxelles, Art Genève…

Pour ce qui est de la ligne artistique, la galerie ne se limite pas, comme nous l’explique Stéphane Magnan : « Il n’y a pas de ligne esthétique à proprement parler. J’ai toujours été friand de toutes sortes d’expressions artistiques.

Je ne m’étais pas vraiment rendu compte à l’époque de l’ouverture de la galerie que la photographie était une forme d’art. Pour moi, c’était plutôt de l’ordre du document et nous sommes arrivés au moment où la photographie plasticienne a commencé à émerger. On souhaite vraiment montrer toutes sortes de formes. Nous ne sommes pas figuratifs ou abstraits… on a les deux. »

Les galeristes souhaitent plutôt développer un esprit et un message pour définir l’identité de la galerie, en choisissant des artistes engagés. Ces derniers doivent avoir une réflexion et un regard sur l’état de nos sociétés contemporaines. Autre volonté : défendre la jeune création avec des artistes comme Clara Rivault, Léo Fourdrinier ou Jérémy Cosimi, tout en présentant des créateurs confirmés comme Karen Knorr ou Olivier Mosset. Aujourd’hui, la galerie compte environ 35 artistes.

Si un anniversaire est l’occasion de faire un point sur le travail accompli, c’est aussi une bonne opportunité de regarder vers l’avenir.

Du 23 mai au 20 juin, la galerie célèbrera plus de trente années d’engagement au service de la création contemporaine avec 30 ans et plus. Cette exposition n’est pas présentée comme une rétrospective, mais plutôt comme une volonté d’affirmer une continuité : « C’est une déclaration d’intention, celle d’une galerie qui cultive sa raison d’être : accompagner les artistes et valoriser les pratiques artistiques actuelles. À travers une œuvre par artiste, l’exposition réunit celles et ceux qui incarnent aujourd’hui l’histoire et l’identité de la galerie. 30 ans et plus rend compte d’un dialogue au long cours entre la galerie et les artistes, émergents ou confirmés, qu’elle accompagne. Ce dialogue fidèle, nourri d’expérimentations et de prises de risque, reflète son engagement constant pour l’art contemporain sous toutes ses formes, et tout particulièrement envers la scène française, qu’elle contribue à faire rayonner sur le territoire et à l’étranger. »

30 ans et plus
à la Galerie Les Filles du Calvaire (Paris)
Du 23 mai au 25 juillet

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Par Thibault Loucheux-Legendre Rédacteur en chef / Critique d'art
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Après avoir étudié l'histoire et le cinéma, Thibault Loucheux-Legendre a travaillé au sein de différentes rédactions avant de lancer Snobinart et de se spécialiser dans la critique d'art contemporain. Il est également l'auteur de plusieurs romans. 06 71 06 16 43 / thibault.loucheux@snobinart.fr
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