Tout par d’une carte blanche donnée à l’artiste, dont il se saisi pour inviter d’autres plasticiens à exposer à ses côtés, endossant également le rôle de commissaire d’exposition. Photographe, graphiste, éditeur et enseignant, Nicolas Polli définit rapidement une ligne directrice fondée sur l’interconnexion des disciplines plastiques, où les pratiques se croisent, dialoguent et s’hybrident.
Le titre, inspiré d’une chanson poétique italienne de Sergio Endrigo « Pour tout faire, il faut une fleur » évoque à la fois un souvenir pour l’artiste, mais aussi une morale simple : tous nos matériaux viennent de la nature, tout, au commencement, provient de la terre.
Cette idée de retour aux sources est doublement marquée dans la scénographie : d’un côté, le choix de rendre visibles les structures (châssis, supports, bois recyclé) révèle l’envers des œuvres et intègre leur ossature au dispositif d’exposition, comme une installation. De l’autre, les artistes invités interrogent, dans leurs pratiques mêmes, les enjeux de l’écoconception et questionnent nos modes de surconsommation. Certains, comme Aldo Mozzini et Ayed Arafah, travaillent à partir de matériaux de récupération, redonnant forme et sens à des éléments délaissés.
Le parcours de l’exposition s’intéresse tour à tour à chaque artiste invité, tout en tissant des liens subtils entre les univers des uns et des autres, comme une ponctuation.

Dans cet ensemble, les médiums se répondent et les frontières s’estompent : photographie, édition, installation se mêlent dans une continuité pertinente. Nicolas Polli lui-même brouille les lignes en intégrant une reconstitution partielle de son atelier au sein de l’exposition, introduisant une porosité entre espace de création et espace d’exposition, entre intime et public.
Au fil des œuvres des quatorze artistes réunis, se déploie ainsi un univers poétique et engagé, où tout semble interconnecté. Une proposition contemporaine à la fois cohérente et rafraîchissante, à découvrir jusqu’au 6 septembre.


