Peux-tu me raconter ce que c’est, Animal Architecte ?
Camille Dagen : C’est né de ma rencontre avec Emma Depoid à l’École du TNS. J’étais en section jeu, Emma en scénographie. On avait toutes les deux un intérêt particulier pour des formes de pratique du plateau plus proches de la performance ou de la danse. On avait aussi toutes les deux un goût pour les arts graphiques. Le cœur de notre pratique, à ce moment-là, c’était vraiment le théâtre, mais il y avait un goût pour des formes un peu athéâtrales, d’aller chercher une hybridité. C’est quelque chose qui nous a rapprochées, outre des intérêts éthiques et politiques. Par ailleurs, il y avait cette question qui nous animait toutes les deux, de comment ouvrir des espaces de travail où il peut y avoir des décisions personnelles, subjectives, sans se retrouver dans des rapports de pouvoir classique ; ce rapport au metteur en scène qu’on observait comme une autorité très centralisatrice, un peu césarienne, souvent masculine. On avait toutes les deux l’envie d’ouvrir un espace de travail où on pouvait pratiquement travailler ces questions, c’est-à-dire comment tenir la singularité d’une signature dans des rapports de travail un peu plus horizontaux.
Contenu exclusif extrait de notre magazine.
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