Culture Spectacle vivant

Ivana Müller, un rapport de force entre corps et graphie

Ivana Müller, un rapport de force entre corps et graphie
© Alix Boillot
Dans le cadre de sa saison publique, le Centre Chorégraphique National de Montpellier accueillait la franco-croate Ivana Müller. Elle y a présenté Forces de la nature, une création simple et efficace sur ce qui nous lie, nous rapproche et nous oppose.

Après avoir travaillé avec les élèves du master du CCN sur une recherche autour du corps, la chorégraphe Ivana Müller a présenté hier, au Studio Bagouet, l’une de ses dernières créations : Forces de la nature. Conçu en 2020, une période marquée par les distances sociales et le recentrement sur soi, ce spectacle met en lumière l’interdépendance qui nous unit et la nécessité d’interagir avec notre environnement. Ces forces, internes ou externes, finissent par définir ce que nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous voyons.

Pour concrétiser cette théorie, Ivana Müller opte pour une représentation aussi simple qu’efficace : des cordes, tendues ou non, qui se nouent et se dénouent au fil de notre évolution au sein d’un groupe ou en tant qu’individu. La symbolique est évidente, on assiste peu à peu au tissage d’un véritable réseau de connexions, mais sa construction finale n’est qu’un prétexte. Ce qui importe par-dessus tout, c’est la façon dont on y parvient. Ensemble, coûte que coûte.

Les cinq corps qui évoluent sur le plateau sont liés les uns aux autres et doivent apprendre à s’accepter, à se parler et s’écouter pour parvenir à leur objectif, quel qu’il soit. Alors, les choses se font assez naturellement. Dès lors que le groupe ne peut avancer sans l’individu, dès lors que l’individu ne peut survivre sans le groupe, toute une dynamique se met en place.

Le mouvement ne fait pas tout dans cette pièce. Rarement chorégraphiés à l’excès, les gestes et déplacements sont accompagnés de conversations qui, sous leurs airs de banalités de bureau, soulèvent des questionnements plus complexes. L’interprétation de ce qui nous entoure, l’évolution de notre perception personnelle à travers une vision commune, l’individualisme à travers le prisme de la communauté… Des phrases simples et courtes, de rapides joutes lexicales qui apportent une dimension essentielle à l’ensemble.

Sociales ou politiques, humanistes ou égocentrées, ces multiples Forces de la nature concrétisées par Ivana Müller sont indiscutables car elles existent, qu’importe l’œil à travers lequel on les regarde. On pourrait regretter une lecture trop facile par une démonstration presque naïve, mais c’est aussi dans cette simplicité que se retrouve l’intérêt de la pièce. Une évidence de sens par une certaine universalité du sujet.

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