Il faut se rendre à l’évidence : la France, et plus particulièrement Paris, ont totalement raté le centenaire de la disparition de Claude Monet. Aucune exposition majeure n’est à signaler en 2026 dans un grand musée de la capitale… Nous avons eu droit à Matisse, à Renoir… Mais Monet est passé à la trappe… Heureusement, il existe un musée en région qui est parvenu à organiser une exposition d’ampleur entre ses murs. Il s’agit du MuMa au Havre.
Le musée normand présente jusqu’au 27 septembre Monet au Havre, en partenariat avec Normandie Impressionniste, et se concentre sur la jeunesse et l’évolution artistique de l’artiste. Né à Paris en 1840 et déménageant au Havre avec ses parents et ses grands-parents en 1845, il y reste jusqu’en 1859. L’exposition tire un peu les années en présentant des œuvres allant jusqu’à 1874, année de la première exposition impressionniste à Paris, qui coïncide également avec l’exécution de sa dernière série de marines havraises.
Une fenêtre de trente années où l’on découvre comment Claude Monet est devenu l’un des pères de l’impressionnisme, comme nous l’explique le musée : « le jeune Monet fait au Havre ses premiers pas artistiques. Il noircit ses carnets de dessins pris sur le motif, croque avec malice les notables de la ville, s’initie au paysage en compagnie d’Eugène Boudin puis de Johan Barthold Jongkind, s’imprègne de la leçon des maîtres et compose ses premières natures mortes. Partagé entre la ville de son enfance et Paris, où il rencontre les futurs impressionnistes, Monet forge peu à peu son regard et affirme son ambition. »

L’exposition a choisi un parcours chrono-thématique en dix sections particulièrement pertinent, qui nous permet à la fois de mieux comprendre le parcours du peintre, mais aussi d’apprécier les différentes pratiques auxquelles il s’est essayé. Ainsi, nous pouvons découvrir sa jeunesse au Havre, ses premiers carnets de dessins, ses natures mortes, ses caricatures, son travail du pastel, son rapport à la photographie, ses paysages maritimes et portuaires, ses premiers mécènes havrais et, enfin, les dons que l’artiste a faits à la Ville en 1910. En tout, ce sont près d’une centaine d’œuvres qui sont exposées (carnets, dessins, peintures, photographies, archives…) dont certaines inédites.
Encadré : Les Nymphéas en LEGO d’Ai Weiwei
Vous ne rêvez pas, cet artiste a réalisé des œuvres totalement folles : des Nymphéas en LEGO ! Oui, vous avez bien lu… Nous connaissons tous les œuvres mythiques de Claude Monet, présentes notamment au Musée de l’Orangerie… L’artiste chinois Ai Weiwei a décidé de reproduire à l’identique deux Nymphéas des collections du MoMA. Il lui a fallu pas moins de 650 000 briques pour réaliser chaque œuvre. Il est parti du principe que les LEGO peuvent être des pixels… et le résultat est bluffant ! J’avoue être généralement assez hermétique à ce genre de pratique, mais là, c’est juste bluffant : le résultat est plutôt réussi (notamment de loin ; quand on s’approche, ça fait un peu « jouet », forcément…). C’est un bel hommage contemporain à Monet à découvrir au MuMa au Havre dans le cadre de Normandie Impressionniste.
Monet au Havre
MuMa (Le Havre)
Jusqu’au 27 septembre 2026


