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Luma : histoire d’un projet hors normes

En 2004, la Fondation Luma a été créée par la collectionneuse d’art et mécène suisse Maja Hoffmann. Cette structure a pour objectif de produire, soutenir et financer des projets liés aux relations directes entre l’art, la culture, les droits humains, l’environnement, l’éducation et la recherche. Luma Arles regroupe six bâtiments industriels historiques réhabilités appelés « Parc des Ateliers » qui auront pour vocation d’accueillir des expositions, des installations et des résidences d’artistes. Ce campus créatif est composé notamment de la Tour Gehry, véritable pièce centrale du Parc des Ateliers.

La famille Hoffmann : les mécènes de la Camargue

Maja Hoffmann a gardé un grand attachement à sa ville de cœur après avoir passé son enfance et son adolescence en Camargue. Héritière des laboratoires La Roche et d’un goût prononcé pour l’art (par sa grand-mère également collectionneuse et par son père mécène de la Fondation Van Gogh), elle acquiert des œuvres et soutient les artistes. Elle est déjà mécène des Rencontres de la photographie et du festival des Suds depuis plus de 20 ans. Cette implication arlésienne atteint alors un sommet lorsqu’elle décide de créer dans la ville un immense complexe culturel consacré à la création contemporaine et financé entièrement par ses fonds personnels. En réunissant un collectif d’artistes et d’experts reconnus (composé de Tom Eccles, Liam Gillick, Hans Ulrich Obrist, Philippe Parreno et Beatrix Ruf), Maja Hoffmann a fondé un cercle appelé Core Group qui a pour vocation de définir la programmation autour de la production, la recherche, l’exposition et l’archive. 

Si la fondation a été créée en 2004, c’est en 2014 que le projet Luma Arles est lancé et que la première pierre est posée ! Ce gigantesque campus est à la fois un laboratoire à expérimentations et une vitrine pour les artistes. Depuis plusieurs années, Luma Arles a supervisé la transformation du Parc des Ateliers. Cet ancien site industriel s’étend sur onze hectares comprenant six bâtiments industriels historiques (d’anciennes usines SNCF), dont cinq ont été réhabilitées par Annabelle Selldorf : les Forges (un espace d’exposition), la Cour des Forges, La Mécanique Générale (un espace d’exposition et un workshop occupé par Atelier Luma), la Formation (une résidence d’artistes dévouée au spectacle vivant) et le Médico-Social (maison d’hôtes et résidence d’artistes). Toutes ces structures seront situées dans un parc-jardin créé par l’ingénieur, architecte et paysagiste Bas Smets. Il comprend plus de 500 arbres, 6000 m2 de pelouses et un étang de 2500 m2. Enfin, l’élément central et symbolique de ce lieu est la tour dessinée par l’architecte Frank Gehry. 

La Tour Gehry, symbole d’un projet gigantesque

Frank Gehry est une légende de l’architecture moderne. Voilà près de soixante ans qu’il a lancé sa firme à Los Angeles. Durant sa longue carrière, il a dessiné des immeubles exceptionnels qui ont marqué notre époque comme le musée Guggenheim à Bilbao, le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles ou la Fondation Louis-Vuitton à Paris. Architecte assimilé au mouvement déconstructiviste, Gehry se distingue par ses créations follement fragmentées et non linéaires empreintes de mouvement. Un style sublime pour certains, irritant pour d’autres… Ce qui est certain, c’est que les immeubles de Frank Gehry ne laissent pas indifférent.

La Tour Gehry (photo : Peter Avondo pour Snobinart)

C’est lors du tournage du film Sketches of Frank Gehry de Sydney Pollack qui Maja Hoffmann rencontre l’architecte en 2005. Productrice du film, elle se fascine pour Gehry et décide de faire appel à lui en 2007 lors des prémices du projet.

La Tour Gehry à Arles ne fait pas exception à la règle. Située en haut de l’Avenue Victor Hugo, elle s’élève à 56 mètres de hauteur et compte neuf étages, ce qui en fait le bâtiment le plus visible à l’extérieur de la ville. Elle représente une surface de 25000 m2 et accueillera des salles de travail, salles de conférences, des espaces de résidence et d’accueil. Le socle de 15000 m2 sera consacré à des espaces d’archives et d’exposition.

La façade de l’édifice est constituée de 11500 blocs en acier inoxydable qui captent et renvoient la lumière sans la refléter.

Après plus de 7 ans de travaux, la Tour Gehry a ouvert ses portes le 26 juin dernier. Avec la concrétisation de ce projet, Arles se place comme l’une des capitales culturelles en France.

Photos : Peter Avondo pour Snobinart

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