Le CIRVA présente le verre au MAMC+

Dans les vastes espaces d’exposition du musée, les œuvres en verre se déploient sous mille formes. Chaque section, organisée de manière thématique, permet au visiteur d’aborder la matière selon des prismes variés : volcanique chez Othoniel, limpide chez Betty Woodman, colorée pour Pierre Charpin, lumineuse chez Soulages... Très vite, le verre s’impose comme un matériau où l’impossible est réduit à néant, et où la recherche scientifique menée par le CIRVA peut faire éclore, en un souffle, un geste artistique.

Pauline Bailly
Pauline Bailly  - Critique d'art
3 mn de lecture

Le verre possède quelque chose de magique… Il naît de la fusion du feu et du sable, ou, de façon plus naturel encore, grâce à l’activité volcanique. Cette métamorphose a fasciné de nombreux artistes au fil des siècles. Pour accompagner leurs projets, le CIRVA (Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts Plastiques) a été fondé en 1983 par le ministère de la Culture.

Conçue pour le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Étienne, l’exposition propose aux visiteurs de découvrir l’ensemble des possibilités plastiques et scientifiques offertes par cette matière malléable, travaillée depuis le troisième millénaire avant notre ère.

Le parcours, structuré en salles thématiques conjugue le verre à tous les temps : qu’il soit abordé sous un angle scientifique, à travers ses origines et ses composantes chimiques, ou illustré par les projets des artistes selon des approches design, artisanales, artistiques, expérimentales ou décoratives.

Certains artistes jouent volontiers avec les limites du matériau. Gaetano Pesce, par exemple, s’amuse à « froisser » le verre en reproduisant volontairement un geste erroné de souffleur, provoquant l’effondrement de la forme. James Lee Byars, quant à lui, avec Le Petit Ange rouge de Marseille, dessine un motif d’arabesques composé de 333 sphères rouges, toutes de même dimension, dont la complexité réside notamment dans la couleur, le rouge vénitien, étant particulièrement difficile à obtenir.

Pas à pas, le visiteur en apprend davantage sur le verre, strate après strate, dans un équilibre visuel maîtrisé. Le cœur de l’exposition se situe dans la salle consacrée à la recherche, aux allures d’atelier, où différentes expérimentations accompagnées de documents scientifiques sont présentés, illustrant avec justesse les relations étroites entre le CIRVA et les artistes.

Le commissariat parvient brillamment à unir savoir sur la matière et émotion esthétique. On ressort de l’exposition à la fois enrichi dans la compréhension de l’élément verre et émerveillé par la poésie que les artistes ont su lui insuffler.

Le verre, au delà de la matière
Les collections du CIRVA au MAMC+ de St-Étienne
Jusqu’au 15 mars 2026

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Par Pauline Bailly Critique d'art
pauline.bailly@snobinart.fr
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