Imprégné par la culture populaire et la société de consommation, ce courant artistique, né dans les années 1960-70, voit également apparaître de grands bouleversements sociaux, à l’image de l’avènement des stations balnéaires et des loisirs qui placent le plaisir au centre des préoccupations. Fidèle à cette idée, c’est dans une ambiance décomplexée et en étant pieds nus que la visite de l’expo peut débuter. Près de quatre-vingts œuvres, dont 15 de la collection Carmignac, nous invite à s’éblouir, par exemple devant les Sunset d’Andy Warhol réalisés en 1972, les paysages et scènes de baignades de Lichtenstein, ou encore faire face aux femmes sulfureuses de Marjorie Strider et Evelyne Axell, dont les œuvres interrogent les représentations du désir féminin et la sur-sexualisation des femmes. Le titre, d’ailleurs inspiré de la célèbre chanson de Serge Gainsbourg, soulève par l’effacement d’un seul mot, la forte présence des connotations sexuelles glissées dans certaines œuvres de cette époque.
Le parcours et les œuvres procurent une sensation de visite ludique, exacerbé par des ballons de baudruche à l’effigie des Nanas de Niki de St Phalle, ou avec un petit jeu de mise en abîme, où les pieds nus des visiteurs se retrouvent soudainement dans une photographie acidulée de Martin Parr. Et s’il vous prend l’envie d’aller vous baigner, vous pourrez compter sur la bouée-homard de Jeff Koons. Puisque le titre fait référence à une chanson de Gainsbourg, il fallait bien que la musique soit aussi partie prenante de l’exposition. Ainsi, durant le parcours, des douches sonores viennent comme une ponctuation, contribuer à notre immersion, mêlant le visuel et l’acoustique.
Une immersion dans le Pop Art qui s’élance vers le contemporain
Si les œuvres de pop art pouvaient en sous texte avertir sur les dangers de la consommation à outrance, les œuvres plus contemporaines de la collection permanente s’emparent des inquiétudes d’aujourd’hui. Sous le plafond d’eau de la villa, une sculpture en sable monumentale inédite de Théo Mercier investit l’espace central de la fondation, représentant des coquillages des fonds marins qui cohabitent avec des pneux et barres en béton, soulignant la problématique actuelle liée à la pollution humaine, comme une suite des conséquences de la sur-consommation dénoncée par le Pop art.
Picturalement, les œuvres débordent de soleil, de baigneurs, baigneuses, sable et mer, palmier, glaces et bouées… autant d’éléments qui transposent l’exposition en une liste des indispensables d’un été réussi. Le parcours, fluide et tout aussi pop que son sujet, saura ravir les visiteurs en quête de vitamine D.
Avec Sea, Pop and Sun, l’île de Porquerolles se montre jusqu’au 1er novembre, ambassadrice du Pop Art grâce à la Fondation Carmignac qui redonne de l’intérêt à un mouvement que l’on pensait tous connaître sur le bout des doigts.
Sea, Pop and Sun
à la Fondation Carmignac, Île de Porquerolles
Jusqu’au 1er novembre 2026


