Nasreddine Bennacer à la Galerie Lazarew

Après Alice Vasseur, la Galerie Lazarew consacre ses murs aux œuvres de Nasreddine Bennacer. L'artiste franco-algérien développe une pratique protéiforme qui interroge les notions de culture et de civilisation. Partons à la découverte de son travail à l'occasion de l'exposition Athar - راثأ jusqu'au 11 avril.

Thibault Loucheux-Legendre
Thibault Loucheux-Legendre  - Rédacteur en chef / Critique d'art
3 mn de lecture

2025 était placée sous le signe de la peinture figurative pour la Galerie Lazarew qui n’a jamais caché son attirance pour cette forme d’art. L’année 2026 semble être dirigée vers des techniques plus diverses et le dessin semble être un médium propice à l’exploration. En février, Laura de Pontcharra et Alexandre Lazarew choisissaient de montrer le travail d’Alice Vasseur, jeune artiste autodidacte qui travaille le monotype. Dans ses œuvres, la plasticienne brouille les frontières entre figuration et abstraction, visible et invisible, fixité et mouvement. Une démarche audacieuse et originale que nous ne manquerons pas de vous présenter dans le futur.

Jusqu’au 11 avril, la galerie montre le travail d’un autre explorateur du dessin : Nasreddine Bennacer. L’artiste avait marqué les esprits lors de Luxembourg Art Week à la fin de l’année dernière avec Petra, une œuvre monumentale (237 x 160 cm) qui représente la nouvelle merveille du monde au pastel sur papier Japon marouflé sur toile avec reliefs.

Artiste pluridisciplinaire, Nasreddine Bennacer pratique la photographie, la vidéo, la poésie, la sculpture, l’installation… Mais le dessin reste sa pratique de prédilection. Il a notamment été formé chez un restaurateur de papier, ce qui lui a permis de déceler tous les secrets de ce support. La Galerie Lazarew nous explique la démarche de l’artiste pour cette exposition : « Lorsqu’un prêtre ami remit à Nasreddine Bennacer un lot de papier artisanal rapporté du Tibet, il ne lui transmit pas seulement une matière : il lui confia un dépôt de temps (…) Nasreddine Bennacer l’assemble sur la toile comme une mue patiemment recueillie. Il ne cherche ni à l’aplanir ni à le dompter : il en préserve les cicatrices, les plis, les accrocs, laissant affleurer ses aspérités comme autant de souvenirs inscrits dans la fibre. » Le plasticien vient ensuite répandre une couleur rouge / terracotta, laissant la matière se répandre, mais aussi émerger les grands questionnements qui nourrissent sa pratique, comme la culture, les civilisations, l’identité, la fragilité… Des œuvres comme des merveilles qui naissent de l’union entre maîtrise technique et poésie.

Athar – راثأ
à la Galerie Lazarew (Paris)
jusqu’au 11 avril 2026

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Par Thibault Loucheux-Legendre Rédacteur en chef / Critique d'art
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Après avoir étudié l'histoire et le cinéma, Thibault Loucheux-Legendre a travaillé au sein de différentes rédactions avant de lancer Snobinart et de se spécialiser dans la critique d'art contemporain. Il est également l'auteur de plusieurs romans. 06 71 06 16 43 / thibault.loucheux@snobinart.fr
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