Le dessin fait le printemps

Camille Chastang à l'Arc de Triomphe, Boris Labbé à Saint-Gratien, Jeanne Susplugas à Maisons-Alfort, Didier Rittener à Saint-Étienne, Keita Mori à Angers, Aurélia Jaubert et Susanna Inglada au Frac Picardie... Les propositions ne font pas défaut. Cette initiative, portée depuis 2017 dans le Drawing Now, a pour mission de démocratiser et valoriser l’art du dessin en prenant la température de la création contemporaine. Pour l’occasion, notre magazine vous propose une sélection d’expositions à découvrir dans toute la France.

Pauline Bailly
Pauline Bailly  - Critique d'art
5 mn de lecture

L’arrivée du printemps est désormais à associer au dessin, et ce dans toute la France de mars à juin, Le principe est simple, déployer une programmation riche et diversifiée en mettant en dialogue les artistes, lieux patrimoniaux, centres d’art et publics de tous horizons.

Atelier « ALBUM » à l’Artothèque de Caen

Le travail de Louise Aleksiejew interroge les systèmes de représentation et leurs pouvoirs narratifs. L’artiste emploie le dessin, mais navigue aussi vers le textile, l’inscrivant dans le dessin contemporain élargit.

Louise Aleksiejew opère des bascules entre abstraction et figuration, elle répond aux formes et récits produits par d’autres pour mener l’enquête sur l’histoire des histoires : que représente-t-on, et par quels moyens ? Qu’est-ce qui n’est pas représenté, voire invisibilisé, et en quoi cela est-il politique ? Cest interrogations, qui traversent une multitude de sujets telles que les représentations de la domesticité, des émotions, l’homosexualité, des souvenirs, de la météo et des animaux, sont finalement autant de prétextes pour parler de la place que l’on occupe dans le monde.
du 15 mars au 06 juin 2026

« Langue Sauce Piquante n°5 » – Le Lieu Noir à Saint-Valery-sur-Somme

Dominique De Beir a choisi, en dialogue à ses recherches, trois œuvres de Ghislaine Vappereau provenant de la collection du Frac Picardie. L’intitulé « Langue Sauce piquante 5 » a spontanément donné le désir de présenter des œuvres liées à l’espace domestique, la cuisine, son mobilier et ses ustensiles. Détourné de son usage traditionnel, chaque outil entraine une transformation des matériaux utilisés tels que le papier, le polystyrène, l’aluminium, etc. Une cuisine d’atelier au quotidien qui essaie de quitter la surface pour tenter de « débusquer l’épaisseur des ingrédients ». Piquer, frapper, frotter, griffer, gratter, éplucher … « Langue Sauce piquante » est un cycle d’installations mêlant langue picarde et art contemporain.
Jusqu’au 6 avril 2026

« Le voyage dans la Lune » à La Criée, Centre d’Art Contemporain de Rennes

Une exposition de l’artiste canadien Marcel Dzama, basé à New York et rarement montré en France. En hommage à Georges Méliès, elle réunit pour la première fois en Europe une large sélection de ses films, accompagnés de story- boards, dessins, maquettes et sculptures. Formé à Winnipeg et nourri de cultures alternatives, Dzama développe depuis la fin des années 1990 une œuvre foisonnante où le dessin et le film occupent une place centrale. Admirateur des débuts du cinéma, il mêle noir et blanc, gestuelle expressionniste, surréalisme, modernisme, pop culture et musique underground dans un univers fantasque, tantôt poétique, tantôt politique.

L’exposition propose une quinzaine de films réunis dans un programme d’une heure, dont deux œuvres majeures : « Une danse des bouffons », inspirée de Marcel Duchamp et Maria Martins, et « To live on the Moon (for Lorca) ». Objets, costumes, masques et dessins prolongent cette exploration ludique et inventive.
Jusqu’au 10 mai 2026

2 expositions au Musée Regards de Provence à Marseille

L’exposition « L’art de tout dessiner » célèbre l’œuvre d’Albert Dubout (1905-1976), dessinateur satirique et illustrateur prolifique du XXe siècle. Explorant tous les champs graphiques – presse, illustration, affiches, cinéma, animation, publicité et peinture – il collabora avec plus de 250 journaux et publia plus de 140 albums traduits à l’international.

L’exposition « Habiter – Gilles Barbier » propose une réflexion poétique sur le temps, la transformation et la continuité de l’existence. À travers sculptures, peintures et installations, l’artiste contemporain né à Marseille, montre que rien n’est figé : objets, corps et idées évoluent, vieillissent et respirent, illustrant ce qu’il appelle la «stase», un ralentissement vivant.
Habiter – Gilles Barbier du 2 avril au 26 septembre 2026
Dubout – L’art de tout dessiner du 24 mars au 20 septembre 2026

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Par Pauline Bailly Critique d'art
pauline.bailly@snobinart.fr
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