Le Palais Idéal Lieu incontournable de l’Art Brut qui n’en est pas un…

Devenant un véritable symbole de folie et de rêve, le Palais Idéal, initialement nommé « Le temple de la nature », rassemble et fascine toutes les popula- tions, des plus populaires aux plus élitistes et ce 120 ans après sa construction.

Pauline Bailly
Pauline Bailly  - Critique d'art
3 mn de lecture

« Mon pied avait accroché une pierre qui faillit me faire tomber : j’ai voulu savoir ce que c’était. C’était une pierre d’achoppement de forme si bizarre que je l’ai mise dans ma poche pour l’admirer à mon aise. Le lendemain, je suis repassé au même endroit ; j’en ai encore retrouvé de plus belles. Je me suis dit : puisque la nature veut faire la sculpture, je ferai la maçonnerie et l’architecture. » Ferdinand Cheval

Gravés sur la façade du Palais, quelques chiffres éveillent le visiteur sur le colossal travail qu’a accompli son géniteur : 1872-1912 : 1O mille journées, 33 mille heures, 33 ans d’épreuves. Le facteur, qui a marché pour ramasser ses pierres l’équivalent de 9 fois le tour du monde, n’est jamais parti loin de sa Drôme natale. Pourtant, c’est bel et bien un temple en hommage au monde entier qu’il a érigé coûte que coûte, offrant un message de vivre-ensemble à tous les visiteurs.

Le directeur du Palais, Frédéric Legros, évoque les étiquettes injustement collées sur l’image du Facteur Cheval :

«Les artistes de l’art brut ne sont pas conscients de produire de l’art et encore moins conscients de le partager. Cela ne marche pas avec le facteur puisqu’il l’a ouvert au public en 1905. Il a d’ailleurs inscrit sur les murs : «ce rocher dira un jour bien des choses», conscient de construire quelque chose de prodigieux.

Les surréalistes ont eux aussi fait du facteur une icône de leur mouvement. Il a dialogué avec le Dadaïsme, il dialogue aujourd’hui avec l’art contemporain… tout le monde veut se l’approprier, c’est ce qui le rend fascinant !

On a souvent voulu mettre le palais dans des cases, à tort… Dubuffet par exemple, le fait rentrer dans l’art brut sans y avoir mis les pieds. C’est pour cela que nous faisons un travail de recherche, afin de rétablir le portrait fidèle du Facteur, qui était quelqu’un de très cultivé, conscient de son œuvre et de surcroît excellent en communication. »

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Par Pauline Bailly Critique d'art
pauline.bailly@snobinart.fr
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