Un comédien. Seul. Narrateur et personnage. Le bruit des vagues. Un navire fait de bric et de broc dont la torche par moment s’allume et dont une voix s’élève : elle annonce un naufrage.
Par un jour de neige, Gilliatt, pauvre pêcheur solitaire au physique ingrat, tombe amoureux de la jeune et belle Déruchette dont les yeux et le sourire, par un tour inattendu du destin, se lèvent vers lui. Il l’observe alors de loin, sachant cet amour impossible. Seulement lorsque l’oncle de la jeune fille, un riche propriétaire de bâteau à vapeur, voit son bâtiment s’échouer au large de Guernesey, Déruchette promet sa main à celui qui au péril de sa vie sauvera le navire. Gilliatt prend alors sa décision : « ils disent que personne n’ira car c’est impossible ? Moi j’irai ».
Les délires de la mer et de l’amour
Un coup de foudre qui mène à défier un coup du sort. Les personnages de Victor Hugo se battent toujours pour vivre malgré l’oppression qui les entoure. La religion dans Notre Dame de Paris, la loi dans les Misérables.
Ici, il plonge Gilliatt dans la tourmente des fureurs de la mer aussi bien que celles, tout aussi fatales, de son cœur. Le lyrisme du roman de Hugo est conservé, assez prégnant dans le début du spectacle qu’on souhaiterait parfois un peu plus adressé, il nous emporte pourtant dans un crescendo et une deuxième partieremarquable où le comédien Elya Birman nous fournit une interprétation organique et grandiose. Les lumières et l’utilisation des décors qui se transforment ingénieusement au fil de la pièce finissent de nous captiver, pris au piège avec le personnage dans la tempête, et l’envie de le voir réussir son combat ne nous quitte plus.
La belle et triste histoire de l’amour d’un homme qui nous transporte et nous laisse des images plein la tête. Pour ceux qui aiment la plume de Victor Hugo et veulent découvrir ou redécouvrir cette histoire, l’aventure est belle.
Les travailleurs de la mer
d’Elya Birman et Clémentine Niewdanski
Durée 1h15
Théâtre de poche Montparnasse (Paris)
Du 15 janvier au 29 mars 2026


